ICOMOS et le patrimoine culturel en Irak


 

A l'attention des Présidents des Comités Nationaux et Scientifiques de l'ICOMOS

 

Paris, 11 juin 2003 

Chers Collègues,

Je vous écris suite à la lettre que je vous ai envoyée le 16 avril au sujet du patrimoine culturel en Irak. ICOMOS a été très actif. Pourtant, sur place, des pillages et des fouilles illégales continuent et, avec la situation actuelle relative à l’ordre civil et à la sécurité en Irak, le patrimoine culturel semble avoir une importance secondaire. Un plus grand nombre d’actions est nécessaire si nous voulons vraiment contribuer à la protection des monuments, sites et autres types de patrimoine culturel dans cette partie du monde.

De nombreux Comités Nationaux ont immédiatement pris des initiatives en nous tenant au courant de leurs actions et de la couverture médiatique de celles-ci. Dans la première lettre, j’avais déjà mentionné les efforts entrepris par ICOMOS-UK pour informer le gouvernement britannique. J’aimerai aussi souligner l’initiative remarquable d’ICOMOS-US qui a réuni 22 institutions et organisations importantes aux Etats Unis dans le domaine du patrimoine culturel, y compris la National Trust et le National Geographic, et a établi une position commune qui fut communiquée au Président Bush. ICOMOS-Australie, ICOMOS-Japon, ICOMOS Bulgarie, ICOMOS Islande aussi bien que ICOMOS-Inde et ICOMOS-Norvège ont aussi exprimé leurs avis à leurs gouvernements, insistant sur la nécessité d’entreprendre des actions responsables pour protéger toutes formes de patrimoine culturel en Irak.

Alors que beaucoup d’attention est portée à juste titre sur les principaux musées, les archives ou les collections de bibliothèque, les monuments d’art et d’architecture, les bâtiments et les villes historiques, ainsi que les sites archéologiques sont laissés sans surveillance, et sont souvent la proie de pilleurs armés et de vandales. Pendant que l’administration civile annonçait récemment que les fouilles scientifiques archéologiques pourraient éventuellement reprendre, des rapports ont notifié que des bases militaires et des bases aériennes ont été planifiées par les forces occupantes à coté de sites d’importance majeure, tel que Ur. L’UNESCO a envoyé une mission d’enquête en Irak qui a essentiellement confirmé beaucoup de ce qui a été signalé par divers médias. Le 5 et 6 juillet, après le réunion du Comité du Patrimoine mondial à Paris, le Bureau d’ICOMOS et des membres du Comité Exécutif vont se réunir. Nous travaillerons pour mettre en place une structure financière et attribuer des responsabilités pour permettre à ICOMOS d’agir pour l’Irak et son patrimoine. Déjà, quelques fondations privées ont manifesté leur intérêt à soutenir l’ICOMOS. ICOMOS-Pologne et ICOMOS-Allemagne ont essayé de commencer une action "ICOMOS Germano-Polonaise pour la protection du Patrimoine culturel de l’Irak". Nous espérons que d’autres Comités Nationaux vont également obtenir un soutien pour des initiatives en Irak. Par ailleurs, nous devrions essayer d’établir un Comité National Irakien. Dans tous les cas, de nombreux Comités Nationaux et membres ont exprimé la volonté à aider. Ceci est très encourageant et tout à fait dans l’esprit d’ICOMOS. Ce travail doit être poursuit mais d’une manière coordonnée et professionnelle pour assurer son succès.

En tant que famille internationale de collègues et amis professionnels, fondée sur des principes de solidarité internationale, ICOMOS se doit d’assurer que la préoccupation mondiale pour le patrimoine culturel d’Irak est transformée en action et que nous, en tant qu’organisation, devenons plus apte à jouer un rôle positif dans une telle crise. Une fois de 



© UNESCO World Heritage Centre

plus, laissez moi souligner l’importance du problème du Patrimoine Irakien et vous encourager à prendre contact avec vos organisations nationales, fondations et gouvernements afin de trouver un soutien, des fonds et d’autres moyens de collaboration nécessaires pour contribuer à travers ICOMOS à sa conservation et à sa protection.

Pour jouer un rôle significatif dans un tel contexte, ICOMOS doit savoir qui sont les spécialistes irakiens capables de participer à la conservation dans le patrimoine de ce pays. ICOMOS a aussi besoin de volontaires qui soient prêts à participer dans des missions et des travaux, une fois que les conditions de sécurité et de soutien logistique seront réunis. Finalement, ICOMOS a besoin de fonds pour accomplir cela. En préparant la prochaine réunion de notre Bureau, je renouvelle les requêtes que je vous ai adressées dans mon message précédent :

·         Identifier dans votre pays des fonds qui pourraient soutenir les actions d’ICOMOS en Irak pour aider à protéger le patrimoine culturel

·         Identifier parmi vos membres des volontaires qui seraient prêts à participer dans des missions ou des actions d’ICOMOS en Irak

·         Identifier, grâce à vos membres et collègues, des personnes ayant des contacts avec des professionnels et conservateurs irakiens.

En dépit de la complexité de cette situation, ICOMOS peut jouer un rôle très important. Continuez à dire à vos gouvernements de placer l’aide pour les monuments et les sites dans la reconstruction de l’Irak en priorité et informez le Secrétariat d’ICOMOS de ce que vous faites. Merci à tous. Aidez l’ICOMOS à accomplir d’avantage.

Michael Petzet (Président)

 

www.icomos-ciic.org